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Manger

Lorsqu'on a en permanence des difficultés d'adaptation à la société neurotypique, on se retrouve souvent avec des difficultés monétaires...  qui réduisent l'accès à la nourriture. 

On peut aussi avoir de la difficulté à :

  • Aller faire les courses, à cause de : anomalies sensorielles (sons, lumière, odeurs, mouvements, toucher), agoraphobie (peur des lieux publics), fatigue, difficulté à s'orienter, déficiences au niveau des fonctions exécutives
  • Cuisiner, pour les mêmes raisons. 
  • Manger, à cause de : anomalies sensorielles (goût, odeurs, absence de sensation de faim, intéroception -> trop percevoir les sensations de digestion), nausée (omniprésente pour certains autistes), fatigue. 
  • Digérer, à cause de : anxiété et fatigue, qui entraînent toute la panoplie des problèmes digestifs courants... 

S'alimenter minimalement peut devenir un véritable casse-tête dès que la personne neurodivergente vit un moment particulièrement stressant (début d'emploi ou d'études, déménagement, nouveau conjoint, etc.), qu'elle est plus fatiguée qu'à l'habitude ou qu'elle est malade (grippe, rhume, fracture, etc.). 

Obtenir des aliments

Bien sûr, l'autonomie alimentaire est le Saint Graal que nous visons touts!  Mais lors d'épisodes difficiles, les personnes neurodivergentes doivent souvent se résoudre à se contenter de "manger minimalement". 

Il y a plusieurs façons d'obtenir des aliments quand vous n'avez pas d'argent pour en acheter :

  • Amis, connaissances, voisins, famille élargie : vous pouvez proposer d'échanger un repas contre un service, par exemple laver les planchers d'une voisine âgée, éliminer les virus de l'ordinateur de votre oncle, etc. 
  • Les banques alimentaires : dans chaque région du Québec, il y a des organismes communautaires qui opèrent des banques alimentaires de diverses envergures.  Parfois, il s'agit de dépannage régulier (hebdomadaire ou mensuel), parfois il s'agit de dépannage ponctuel (d'urgence, une seule fois).  Parfois, vous recevrez des aliments, parfois vous recevrez des plats prêts à manger, parfois vous recevrez des cartes-cadeaux.  Vérifiez donc, car si vous n'arrivez pas à aller à l'épicerie, une carte-cadeau ne sera pas très utile...  à moins d'utiliser le magasinage en ligne offert par certaines épiceries. 
  • Les travailleurs de rue et travailleurs sociaux : ils pourront vous aider à trouver du dépannage alimentaire si vous n'y arrivez pas par vous-mêmes.  Si vous ne savez pas comment les joindre, téléphonez à l'accueil social de votre CLSC, ou contactez n'importe quel organisme communautaire de votre voisinage, ils connaissent normalement les travailleurs de rue et les travailleurs sociaux qui opèrent sur leur territoire.
  • En ville, vous pouvez demander au boulanger de votre quartier s'il accepterait de vous donner du pain restant à la fin de la journée.  Expliquez que vous êtes en situation précaire et avez besoin de dépannage.  J'ai souvent reçu des réponses positives en demandant poliment.  La clé, c'est d'être discret, attendez d'être seul dans la boutique avec le boulanger, ne demandez pas devant une file de clients.  Le boulanger ne veut pas se retrouver obligé de donner tout son pain!  Attention à votre habillement et à votre hygiène : essayez d'avoir l'air d'une personne "normale" qui s'en va travailler dans un bureau, si vous avez l'air trop bizarre ou que vous sentez du dessous-de-bras, le commerçant craindra que vous effrayez sa clientèle et vous n'aurez rien.  Vous pouvez essayer aussi chez les autres petits commerçants alimentaires de votre quartier, par exemple s'il y a une fruiterie, un boucher, ou bien un marché public.  Idéalement, présentez vous en fin de journée, pour récupérer ce qui sera jeté de toute façon.  Si on vous refuse, restez calme, dites quand même "merci et bonne journée" poliment et quittez sans faire d'histoire. 

Cuisiner

Vous avez des aliments dans le garde-manger ou le frigo, mais vous n'arrivez pas à les cuisiner, par fatigue ou autre raison?  Quelques stratégies :

  • Proposez à quelqu'un (ami, copain, collègue de travail, voisin, famille élargie) de lui donner la moitié de ce qu'il cuisine en utilisant vos aliments.  Par exemple, la personne pourrait vous aider à cuisiner un pâté chinois et en apporter la moitié chez lui. 
  • Participez aux cuisines collectives : plusieurs organisemes communautaires font des ateliers de cuisine occasionnels ou réguliers.  Parfois, vous pouvez fournir des aliments, d'autres fois vous devez payer une part de l'épicerie qui sera faite par un responsable.  Souvent, en expliquant que vous n'avez pas d'argent pour le moment, mais que vous pouvez fournir des aliments que vous avez déjà, il y a moyen de négocier... 
  • Quand vous avez de l'argent pour faire l'épicerie, assurez-vous d'acheter au moins quelques aliments "prêts à consommer".  Par exemple, des légumes en conserve peuvent se manger à même la boîte de conserve quand on est très fatigué.  Des légumes surgelés peuvent être rapidement réchauffés au micro-ondes.  Du beurre d'arachides ou d'autres noix peut se manger à la cuillèrée.  Des noix, des fruits secs ou des céréales à déjeuner peuvent se grignoter à même le sac.  Le yogourt se conserve très longtemps au frigo et fait un bon repas de dépannage.  J'ai toujours une brique de fromage au congélateur pour "mes mauvaises passes".  Du gruau peut être préparé au frigo très simplement.  Choisissez des aliments que vous aimez beaucoup, quand on est trop fatigué ou stressé pour cuisiner, on a généralement aussi plus de difficultés sensorielles! 

Manger

Lorsque les anomalies sensorielles son exacerbées (empirées) par la fatigue ou le stress, manger peut perdre toute notion de plaisir.  Quelques trucs :

  • Choisissez des aliments que vous aimez particulièrement, ce n'est pas le moment de "vous forcer" à manger tel aliment qui "vous roule dans la bouche". 
  • Essayez une autre température.  Tout d'un coup, les fèves chaudes vous écoeurent...  essayez les tièdes ou même très froides, vous pourriez être surpris. 
  • Essayez un autre assaissonnement.  Enlevez ou ajoutez une épice, du sel, du poivre, du piment, du jus de citron, du ketchup, de la sauce soya, du beurre, bref n'importe quoi que vous avez sous la main.  Essayez avec une petite quantité pour ne pas gâcher toute votre chaudronnée ou votre assiette.  Par exemple, lorsque je suis très fatiguée, une généreuse quantité de poudre de clou de girofle rend la viande rouge acceptable, autrement je ne pourrai en manger. 
  • Ajoutez ou enlevez du liquide.  Par exemple, cuisinez votre aliment avec une sauce, ou incorporez-le dans une soupe. 
  • Essayez les smoothies.  C'est vite fait, ça nourrit et ça hydrate. 

Digérer

Donnez-vous toutes les chances :

  • Ne mangez pas juste avant d'aller au lit ou de faire du sport intense, pour éviter les refoulements gastriques. 
  • Si vous avez beaucoup de difficulté à digérer à cause du stress, mangez plusieurs petits repas (de type collations), plutôt que 2 ou 3 gros repas.
  • Si vous devez participer à un événement très stressant, par exemple un examen à l'école ou une entrevue d'embauche, jeuner pendant les 12 heures précédentes peut faire toute la différence entre un examen serein et une diarhée à l'école ou chez le futur employeur...  N'oubliez pas de boire quand même et apportez une collation à manger en sortant de l'examen ou de l'entrevue! 
  • Si les difficultés digestives sont persistentes, parlez-en à votre médecin.  Vous pouvez essayer de tester si certains aliments vous provoquent des difficultés.  Par exemple, j'ai systématiquement des coliques (gaz douloureux, comme les bébés) quand je mange du pain ou du blé en général.  Je ne mange donc plus de toast le matin, mais uniquement des céréales sans blé, du gruau ou des crêpes de farine de sarrasin.  N'importe quel aliment a le potentiel d'être difficile à digérer pour une personne en particulier.  Notez dans un agenda ce que vous mangez et les symptômes qui suivent.  Vous pourrez en tirer des hypothèses et faire des test en éliminant un aliment pendant quelques semaines pour voir si votre hypothèse est bonne.  Si vous éliminez un aliment, c'est important de le remplacer par un autre qui fourni à votre corps les mêmes nutriments.  Vous pouvez en discuter avec votre médecin, une nutritionniste, ou lire un des nombreux livres sur le sujet (les livres de cuisine végétarienne ont souvent d'excellents chapitres au sujet des équivalents nutritionnels). 

Vous avez d'autres trucs que vous aimeriez partager?  N'hésitez pas à nous écrire! 

Collaborateur(s) de cette page: Isabelle Faguy .
Page dernièrement modifiée le Samedi novembre 3, 2018 11:11:12 EDT par Isabelle Faguy.