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"The Silent Wave" en français

Les caractéristiques Asperger / autistiques sont une épée à double tranchant (un extrait)

Isabelle Faguy Lundi décembre 25, 2017

Vous pouvez lire la version originale et complète de cet article ici : https://thesilentwaveblog.wordpress.com/2017/02/08/aspergers-autistic-characteristics-are-a-double-edged-sword/

Note de la traductrice : Aujourd'hui, j'ai choisi de traduire seulement un extrait de l'article original, par manque de temps.  Mais je voulais rendre une partie au moins de cet article accessible aux lecteurs francophones, et aussi, je voulais ajouter mes commentaires.  Mes commentaires sont indiqués en italique et en vert, pour les différencier du texte original de Laina.


Empathie – Le vieux stéréotype erroné que les personnes Asperger/autistes n’ont pas la capacité d’empathie s’effrite de plus en plus, au vu des nombreux témoignages. La réalité, de loin, est que nous possédons plein d’empathie; c’est seulement que nous l’exprimons de manière non conventionnelle. En fait, le concept que nous avons plus d’empathie que l’humain moyen commence à pointer.

Cela constitue une épée à double tranchant, ayant ses deux tranchants visibles en même temps. Pour commencer, notre empathie non conventionnelle nous permet de ressentir les gens, de sentir de l’information (et même de détecter de potentiels drapeaux rouges) que le reste du monde ne semble pas voir. (Et alors, personne ne nous croit si on essaie de les mettre en garde du danger imminent, on se fait traiter de paranoïaque, d’être négatif. Et c'est réellement frustrant d'être là à essayer de protéger les autres d'un danger qu'ils ne voient même pas venir.) Certains d’entre nous peuvent détecter quand quelque chose est « bizarre », quand tout ne semble pas en harmonie, consistent, raisonnable. Nous pouvons utiliser notre sixième sens pour surveiller le monde à bonne distance, sans avoir à interagir activement avec lui. (Ensuite,on nous dit qu’on interprète mal, en fait, on interprète« différemment », pas « de manière erronée ». Notre interprétation est différente parce qu’elle est basée sur l’observation de données supplémentaires, qui, visiblement, sont invisibles aux autres personnes, et qui ont un impact important sur nos conclusions.)

Mais cela a un coût sur nous. Trop souvent, des sujets de tous genres et des événements agressent nos sens trop vifs, prenant un raccourcis au travers de notre mince couche de résilience, déclenchant une tristesse profonde, une irritabilité/colère intense, ou une anxiété débilitante. Ils pénètrent sans invitation ni consentement, dans ce qui étaient nos zones de sécurité et nos sanctuaires. Nos déclencheurs varient (je ne mentionnerai rien de spécifique, la plupart d’entre-nous sommes déjà trop bien au fait de nos déclencheurs); et ce qui déclenche une personne Asperger/autiste peut ne pas avoir d’effet sur une autre. Cependant, les effets sont étrangement similaires pour la plupart d’entre nous.

Et ces effets écoeurent. Des nouvelles en lien avec des sujets quisont des déclencheurs pour moi m’ont propulsée dans la spirale de la perte de contrôle, dans les abysses émotionnels, où je peux rester prise plusieurs heures, jours, semaines, mois et, oui, même des années. C’est arrivé; j’ai été là. (Raison pour laquelle je ne regarde plus de films, ni la télévision en général et pourquoi lorsque je vis une période intense, comme cet automne, je n’écoute pas la radio non plus, ni ne lis les nouvelles sur Internet.)

Lorsque j’étais plus jeune, jusqu’à la trentaine, j’étais incroyablement cartésienne, au sens strict du terme. Je ne croyais qu’à ce qui pouvait être prouvé scientifiquement, c’est-à-dire par l’observation répétée. Je ne suivais pas toujours « mon sixième sens ». Chaque fois que j’ai tenu compte de ses données, j’ai pris de bonnes décisions. Chaque fois que je n’en ai pas tenu compte, me disant que c’était n’importe quoi (le plus souvent sous l’influence d’autres personnes qui me disaient que c’était n’importe quoi), j’ai pris de mauvaises décisions, qui ont le plus souvent eu des conséquences très négatives. Jamais ce que j’avais perçu ne s’était révélé faux. Au début de la trentaine, tellement de preuves s’étaient accumulées, l’expérience avait été répétée si souvent, que mon esprit cartésien a fini par plier sous le poids de la preuve empirique. N’empêche, il m’arrive encore de plier sous le poids de l’insistance des autres, de l’interprétation générale, particulièrement quand je prends de la médication qui vise à me rendre « compliante »,docile. C'est arrivé encore cette semaine, avec de fâcheuses conséquences pour moi et d'autres personnes. C'est ce qui m'a pousée à traduire cette partie de l'article de Laina et à le commenter. 

Mémo à moi-même : toujours croire à ce que dit mon sixième sens, peu importe ce qu'en disent "les autres".